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Régulation des meublés touristiques : Paris déferle la chronique

Régulation des meublés touristiques à Paris

Les locations touristiques faites par des particuliers ont été remises à l’ordre du jour mardi 10 mai 2016. Plusieurs personnes se sont interrogées sur la réelle motivation de la première magistrate de la ville parisienne. La Maire de Paris n’est-elle pas en train d’encourager la délation ?

Tout a commencé lundi 9 mai dernier. C’est la date choisie par la Ville de mettre sur Internet la liste des propriétaires autorisées à mettre en location de courte durée leur logement. La liste fait mention de 156 logements pour 107 propriétaires. Une mesure qui a rapidement fait couler beaucoup d’encre. Pour certaines personnes, il s’agit d’un moyen permettant de lutter efficacement contre des meublés touristiques illégaux. Tandis que d’autres y voient une mesure obscène. Elles y voient un appel à la délation.

Ce dispositif incite en effet à se dénoncer entre voisins, si l’on fait référence à la déclaration du directeur de cabinet de la maire au micro de l’Europe 1. Bien que le service de presse de la chaine de télévision ait rassuré le public en déclarant que le formulaire en ligne n’a été conçu que pour traquer les fraudes, l’opinion publique n’est pas de cet avis. Si le site web de Valeurs actuelles a vu ses trafics montés en flèche après avoir publié l’articule Quand la Mairie de Paris favorise la dénonciation entre voisins, sur son compte Twitter, Nathalie Kosciusko-Morizet a également fait couler beaucoup d’encre en s’interrogeant si Anne Hidalgo n’était pas sur le point de créer « le parti des délateurs ».

En tout cas, Mathias Vicherat s’est fortement défendu contre cette hypothèse d’incitation à la délation. Le directeur de cabinet d’Anne Hidalgo a martelé qu’il s’agit d’un dispositif créé dans le dessein de stimuler la prise de conscience des gens. La mairie espère que ces derniers prennent eux-mêmes le chemin de la légalité, sans attendre d’être dénoncés par leurs voisins. À lui d’ajouter que selon les bailleurs sociaux de la capitale, les premiers informateurs ont toujours été fortement composés des riverains.

Ce qui est sûr dans cette situation, c’est que les sites Internet proposant des locations de vacances comme Booking, Airbnb et Abritel ne vont pas aimer Anne Hidalgo. À ce propos, la filiale française d’Airbnb s’est montrée très réactive. Elle lance actuellement une pétition pour décourager les parlementaires sur leur intention de régulier cette pratique d’hébergement touristique qui est devenu très en vogue à Paris. Le patron d’Abritel Homeaway a pour sa part, accusé la Marie de Paris de mettre un bâton dans les roues du Gouvernement. Ce dernier fixe en effet l’objectif de franchir la barre de 100 millions de touristes d’ici 2020.

En tout cas, Paris n’est pas le premier à réguler ce secteur. New York, Amsterdam, Bruxelles, Barcelone et dernièrement Berlin l’ont fait. On peut dire que Anne Hidalgo est moins sévère par rapport à son homologue berlinois. En effet, si Paris prévoit jusqu’à 25 000 euros d’amende en cas de fraude, le même délit peut vous coûter 100 000 euros à Berlin.


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